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“Penser l’existence, Exister la pensée”
Approche phénoménologique de la psychothérapie
a été publié chez Ed. Encre Marine en septembre 2008

Huit années de réflexion dans le sillage de mes promoteurs et professeurs Henri Maldiney, Jacques Schotte, Jean Kinable et Michel Dupuis ont transformé mon rêve en réalité : prendre appui sur la phénoménologie pour soutenir en mai 2003 une thèse de doctorat en psychologie clinique.

Trois nouvelles années furent nécessaires pour réécrire cette thèse, peaufiner ma pensée et proposer à la publication un livre plus condensé et structuré qui puisse permette à chacun, au fil et dans l’écart de mon cheminement, de questionner le sien propre. Son fondement est de ne jamais oublier qu’un patient, un collègue, un ami, un simple « quidam » n’est jamais un objet manipulable. Leur présence nous convoque à la rencontre du visage (1) , de cette ouverture sans fond qui donne ce qu’il ne possède pas. Les sciences humaines se démarquent des sciences exactes dans la mesure où elles tiennent compte aussi du caractère irrationnel de l’être humain en ne l’enfermant jamais dans une catégorie ou une destinée pré-établie.

Qui se soucie encore aujourd’hui, au-delà du concept ou de la simple formule, des fondements d’une psychothérapie humaniste ? Comme se déplie en nous le sens propre de l’humanisme ? Restons-nous conscients que nous ne sommes ni table, ni animal ? Nous avons la capacité de dire « je peux autrement » que ce que je suis car je ne suis pas, j’ai à être. Le psychothérapeute se confronte quotidiennement à l’impuissance de cette possibilité dont l’appel du patient déploie le pathos. L’appel ne témoigne-t-il pas de la puissance de la crise, comprise en tant que rupture à l’impossible d’un mode de vie soumis jusqu’ici à l’éducation, à ce qu’il est convenu de faire, au « qu’en dira-t-on », un mode de vie qui ne tenait pas compte de ce que nous étions au plus profond de nous-mêmes : ouverture et projet ? L’appel à l’aide n’est-il pas un appel à exister, à déchirer l’absurde, l’ébrouement du rien qui s’impose à nous pour fuir ce qui nous semblait être inacceptable : la mort, la finitude, la néantitude.

Déchirer l’absurde en recherche de sens, déchirure qui n’est possible qu’au jour événementiel du sublime : « Le sublime est ce moment vectoriel de force où « quelque chose », un « il y a » nous surprend non pas par ce qu’il donne à voir ou entendre mais précisément par le vide éclaté qu’il instaure. Ce ne sont ni les séries de notes de musique ou les choix de couleurs ou les méandres des traits d’une toile pas plus que la beauté d’un paysage ou la courbe pure d’une sculpture qui forment le sublime mais la présence au sein de cette présence d’une absence de nous, de ce qui nous a constitué, d’une puissance phénoménale de dissolution de toute étantité, de toute construction. » (2)

L’essence de l’homme est existence. Il n’est pas. Il a à être. Il advient. Cette existence n’est-elle qu’une croyance parmi d’autres ? Peut-être ? De toute manière, nous n’érigeons pas en vérité ou en dogme « l’exister » ; nous en partageons humblement l’épreuve. Qui n’a pas entendu au fond de lui un appel silencieux à se dépasser, à sortir de lui-même, de ses évidences, de ce qu’il croyait une fois pour toute sa vérité. Une première prise de conscience impitoyable ressentie comme une vague néantisant tout ce que je suis. De tous les appels, l’un est particulièrement redoutable : le trouble de l’amour. Si j’aime, ce que je suis a été. « Se vider de ses désirs autant que possible et de combler ce vide par l’amour pour ceux qui sont liés à soi, en les aimant infiniment, immensément et sans conditions. »(3) C’est ainsi que très rapidement l’Être, le Rien, l’Amour se sont imposés comme fil rouge de mon questionnement.

Un phénoménologue « n'invente pas son objet mais doit le rencontrer là où il est, découvrir le sol phénoménal sur lequel il se laisse apercevoir. »(4) C’est pourquoi notre analyse s’est nourrie de nombreuses œuvres d’art bouleversantes d’humanitude pour comprendre(5) la souffrance de l’impuissance humaine : celle d’un peintre mélancolique en quête de l’œuvre absolue, celle d’un homme de peine en quête de son innommable, la honte. L’un et l’autre, accaparés, sont enlisés dans le quotient de l’équation existentiale dont les foyers tensionnels sont l’animalité, la divinité, la création et la néantisation. Ce cheminement a interrogé les existentiaux fondamentaux : l’espace, le temps, le corps, l’être-pour-la-mort, la disposition affective… et ouvert des horizons : le toucher haptique, le geste dansé comme mouvement existential, la tonalité fondamentale qui porte le saut, l’homme tant configurateur de monde qu’ébroueur du rien, le fond de l’homme qui s’avère être « sans fond », le geste d’amour qui esquisse sans jamais se refermer, la nostrité, la simultanéité de l’Être et du Rien, l’avènement de la vacuité, l’événement de la rencontre, la trouée du sublime.

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Ces passages correspondent à une version non publiée, plus longue et didactique alors que le livre épuré des nombreuses citations va à l’essentiel dans un style plus concis et pertinent.

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1 : LEVINAS, Le visage et l’extériorité : Visage et Ethique in Totalité et Infini, p.211 à 238

2 : Ado HUYGENS, Penser l’existence, exister la pensée, section V, p. 215

3 : Kwang-Sou LEE, Amour, Maisonneuve & Larose, 2004, p.90

4 : Henri MALDINEY

5 : Le comprendre Heideggerien : S’intonner : Verstehen ist immer gestimmtes, Être et Temps, Gallimard, p.187